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Cabinet du Palais Royal
Ostéopathe à Paris 1

Parcours d'ostéopathe


En 3e année (sur 5) d'école d'ostéopathie, les professeurs ont demandé aux élèves de rédiger une note sur l'évolution de ce qu’ils ont nommé notre : « développement thérapeutique ».

 


À l’époque, donc en 2014, voilà ce que j’avais écrit :

"Trois ans d'Ostéopathie. Trois courtes années bien chargées ; surprenantes, intéressantes, prenantes. L'entrée en clinique m'attend déjà pour l'année prochaine ce qui signifie que j'aurai de véritables patients entre mes mains... Comment en suis-je arrivée là ? Qui m'aurait destinée à cette belle profession ? Certainement pas mes professeurs de littérature ou de philosophie. Ce sont pourtant bien eux, aussi, qui ont déterminé mon choix, et la direction dans laquelle je continue d'avancer...

 

 

Après avoir passé un bac littéraire, j'ai voulu gagner en rigueur. Passionnée de Lettres, j'ai opté pour ce que je considérais comme la plus poussée des formations pour les aborder : une classe préparatoire aux grandes écoles (une hypokhâgne, suivie d'une khâgne Anglais au Lycée Chaptal). Au cours de ces deux années extrêmement intenses, je me suis essayée à assumer des charges d'apprentissage importantes, développer des méthodologies de travail, rédiger, réfléchir de façon constructive et exprimer mes pensées pour mieux les partager, notamment à l’oral. Ceci est capital. Un savoir s'il reste caché, muet, reclus au fond d'une boite crânienne, ne s'avère que peu utile, restreint dans son potentiel d'action. Il faut pouvoir communiquer, partager ses connaissances si l'on souhaite en élargir l’impact.

Ma pensée a donc navigué à travers différentes disciplines dîtes de "Sciences Humaines" : l'Histoire, la Philosophie, la Géographie, etc. C'était passionnant. Je pouvais disserter (plus ou moins brillamment…) pendant 6 heures, sur tel ou tel autre poème de Victor Hugo, essai de Montaigne ou pensée de Pascal et c'était jubilatoire, vraiment, mais de la façon dont je le vivais à cette époque tout du moins, assez hermétique.

Où étaient passés mes sens ? Ma tête tournait à plein régime, mais mon corps, lui paressait endormi. La littérature me parlait de sensations, de goûts, d’odeurs, mais pour réellement les savourer, je devais les sentir !

Des événements personnels, extrêmement concrets et saisissants par leur "dureté", me rappelèrent soudainement que la pensée seule, la parole, ne suffit pas toujours à gérer la réalité. Le corps est là, il en est le support, et si l’on veut comprendre l'un, on doit connaître l'autre. Si l’on veut apaiser un esprit, on doit soigner un être, et pour faire cela, il faut des connaissances précises.

 


L'ostéopathie, par différents ressorts, s'est finalement imposée. Je ne saurais pas retracer exactement comment, pourtant une fois que l'idée est venue, c'était limpide : j'allais faire ce métier. Amusée du revirement, somme toute assez surprenant, des « sciences humaines » aux « sciences dures » (que beaucoup de personnes autour de moi ne comprenaient pas bien) tout était clair dans ma tête. L'ostéopathie me permettrait d'objectiver les ressentis décrits en littérature, d'avoir ceux d'autres êtres humains dans mes mains (j’avais soif de tangible) et en plus de soigner, d'apaiser, aller vers le mieux.

 

La première année d'école fut donc celle de ma découverte du  " comportement scientifique ». Je l'observais tout d'abord chez mes camarades... Ceux qui ont fait Médecine peuvent imaginer certaines de mes surprises ! Passons... L'attitude générale, les discussions, les sujets n'étaient pas les mêmes que chez les "khâgneux". Prenons le format des examens par exemple : le Q.C.M (questionnaire à choix multiples... Que quelque chose soit strictement vrai ou faux, m'était déjà surprenant. Malgré toute ma bonne volonté, mon esprit, habitué à devoir tout argumenter dans de longues dissertations, était déboussolé. Je devais mettre toute une nouvelle grille de lecture à jour. C'était en même temps exactement ce que j'étais venue chercher : apprendre à penser scientifiquement, de façon "cartésienne". 

Avant la première année en classe préparatoire je jugeais cette approche du réel complètement dépourvue de charme. C'est une professeure de philosophie, qui, en nous parlant d'Astronomie et de Physique, avait fini par me faire reconnaître qu'il s'agissait en fait d'ignorance. Cette incapacité à saisir la pensée rationnelle, me privait de toute une approche de la réalité qui était indéniablement fascinante. Pas question de rester sur cet "échec".  Si la Science te fait défaut, attaque-la à bras-le-corps ! M'étais-je dit.

L’A.P. O (cours d’« anatomie palpatoire ») était là pour me permettre précisément cela : concrétiser l’Anatomie. Les schémas du Netter, qui est un livre d'anatomie de référence chez les étudiants en médecine, kiné, etc. paraissaient insurmontables à mémoriser au début. Il faut s'accoutumer à regarder les planches, savoir quoi chercher, s'approprier le vocabulaire, comprendre les points de vue... Mais à la fin, c'est comme apprendre un cours d'histoire ancienne ; tout paraît impossible au départ, et finalement, on s'y fait. Les fils se nouent, les ponts se construisent, et on commence à comprendre de quoi il est question ! L'avantage, est qu'à la différence de l'Antiquité que l'on ne peut pas revivre, les corps humains sont toujours là pour qu'on puisse les saisir.


Première année validée donc. Les automatismes commencent à se mettre en place, les cours sont suivis de manière de plus en plus naturelle, on passe en deuxième année. La machine est enclenchée… Maintenant place au doute ! Cours de psychologie ; professeure passionnante, je retrouve un discours plus malléable, carrefour entre corps et pensée (d’autant plus avec le programme de neuropsychologie qui s’ajoutera en 3e année) tous les éléments sont réunis pour que je me passionne. Oui, mais le sujet… Le sujet est si lourd ! Les maladies mentales, la folie, l'inconfortable, l'étrange... Tout cela fait partie des sciences, de la vie.
Je ne découvre rien en soi, mais je perds le charme que la poésie donnait au malheur, à la douleur et à la déraison. Avec la découverte du monde psychiatrique et hospitalier, tout d'un coup la maladie me semble lourde à porter. Est-ce que je veux passer tout mon temps la tête (et les mains !) dans la misère humaine ? Ne suis-je pas trop faible pour assumer ? Mon estomac, est-il assez solide pour que mes yeux regardent les images que le professeur de sémiologie fait défiler ? Est-ce que cela me plaît ? ................. Oui. Refuser de voir les choses ne les fait pas pour autant disparaître. Moi qui voulais entrer en contact avec la réalité, pas l’hermétisme, elle était là, grande ouverte ! Tout n'est pas facile à voir pour autant, et je pense que cette période de remise en question était saine.

Mon stage hospitalier de 3e année et l’observation d'opérations au bloc opératoire, m'a confirmé que oui, je pouvais supporter tout "ça" : le corps vu de l'intérieur et malade, le côté "cru" de la Médecine. Mais ce n'est tout de même pas quelque chose d'anodin. Enfin… Faire face aux interrogations fait partie du cheminement de n'importe quel apprentissage.

Les cours pratiques de 2e année étaient là pour m’encourager à persévérer. La découverte des A.T. (attractions tissulaires) et du M.R.T. (mouvement de respiration tissulaire) permettait de réellement parler de "sensations". Quelque chose d'intéressant commençait à passer dans les mains, et les cours de concept ostéopathique prenaient sens petit à petit.

Les rappels incessants des assistants sur notre posture et le positionnement (physique) du thérapeute, se sont révélés à moi comme de véritables clefs. Il s'agit en réalité de rendre tout son corps, et non uniquement ses mains, disponibles à la réception d'informations.

Le fait d'être "patient" (que nos camarades s'entraînent sur nous) aussi, est également enrichissant. Non seulement parce que cela nous permet de nous rendre compte de ce que vit le "patient", mais aussi, très simplement parce qu’on bénéficie d’un traitement. On prend conscience de régions potentiellement importantes à travailler dans notre propre corps et de certaines problématiques intérieures qu'il faudra régler pour avancer : être plus détendu, disponible : bon thérapeute.

À ce sujet les cours de Sophrologie, non pas la Sophrologie en elle-même, mais le simple fait de savoir que l'on peut obtenir, si l'on s'y prend correctement, le calme à l'intérieur de soi, est un principe que j'utilise le plus possible dans ma pratique. Je ne prétends pas que c'est une chose aisée, mais on apprend au fur et à mesure à le faire de plus en plus naturellement.

 


La troisième année est celle que j’ai préférée. Pour les cours de pratique, mais aussi globalement. J’ai mis du temps à prendre mes marques et me sentir à l’aise au sein de l’école, mais cette année, j’ai découvert plusieurs de mes camarades. L’ambiance dans la classe m'est agréable et c’est toujours plus sympathique de travailler auprès de personnes que l'on apprécie. Les cours pratiques ont perdu leurs aspects purement « protocolaires », et je commence à percevoir ce que permet le bon dosage de protocole et de laisser-aller, grâce au traitement. (nous avons commencé à "traiter", uniquement en troisième année)

Le protocole sert à lire le corps, mener l’enquête, mais pour la résoudre il faut surtout ne pas trop réfléchir. Accompagner les tissus plutôt que les contraindre, trouver le bon équilibre et surtout respecter le rythme du patient. Ne pas être intrusif, mais avancer tout de même. Une professeure de pratique a su obtenir ma confiance ce qui m'a permis d'avancer vraiment, en étant encouragée et soutenue (merci Alice !). Je pense que ce sont ces échanges avec d’autres thérapeutes, confirmés ou élèves, qui permettent de progresser et de construire une pratique personnelle. Il s’agit de rester ouvert à la pratique des autres, ne surtout pas se borner, croire que c’est bon, on a trouvé « le truc », on « sait ». Cet excès de confiance, ou d’ego mal placé, freine le perfectionnement. Inversement ne pas trop hésiter : oser essayer, se faire confiance. Pratiquer hors des cours, le faire avec plaisir et se donner du temps.


Les gens sont souvent pressés d’apprendre tout, tout de suite, et ils se frustrent lorsque cela ne fonctionne pas instantanément. Je pense qu’il ne faut pas se laisser aller, s’efforcer de suivre le rythme des cours (extrêmement rapide, surtout pour la théorie), mais aussi se laisser le temps d’assimiler. Les résultats apparaissent d’eux même quand l’apprentissage décante.

Une étape importante a été lorsqu’une proche, un membre de ma famille, a eu une crise un soir à la maison, comme une sorte de gros mal de tête. Elle pleurait, son visage était tout rouge, et elle se plaignait de douleurs importantes. À la demande de son compagnon, j’ai accepté d’essayer mon « savoir-faire » d'étudiante, en pensant : n’est-il pas fait pour cela après tout, soulager ? Après quelques minutes de traitements crânien et thoracique, improvisés donc, les pleurs se sont estompés. Les rougeurs ont quitté sa face, elle s’est paisiblement endormie, et la douleur n’est pas revenue.

On dit que la santé, c’est le silence des organes, ici son sommeil était mon contentement.

 

 

Concernant les matières théoriques : les choses deviennent de plus en plus logiques. La répétition et le temps font que les connaissances s’installent durablement. Les matières se répondent et tout sert au final à compléter une seule énorme et complexe image mentale du fonctionnement humain.

Pour finir la Recherche de Littérature Scientifique, bien qu’elle représente une certaine charge de travail, était l’opportunité de choisir un sujet librement. C’était donc forcément intéressant. Puis il s’agissait de fouiller, de chercher, d’écrire, ce que je trouve toujours amusant. »


 


Voilà, j'espère que ce premier article, tiré du passé, vous aura plu. N'hésitez pas à m'envoyer vos questions et retours par mail à l'adresse suivante : olivia.c.kramer@gmail.com.


Olivia KRAMER COURBARIAUX
Ostéopathe
Paris

 

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